JOUR MOINS UN : UN "PETIT LUNCH" SUR LE POUCE

Tout le monde n'apparaît pas sur le cliché ...
Tout le monde n'apparaît pas sur le cliché ...

 

 

 

Pour une fois, 

votre serviteur n'a pas

le doigt sur le déclencheur.

 

 

 

 

 

 

Ah, quel endroit! D'accord, comme à Buçaco, le décor est de loin postérieur au style revendiqué. Mais l'illusion est parfaite et la réalisation impeccable. Et c'était un des restaurants préférés de mon père. Il a fallu que j'eusse soixante ans (presque, ceci, c'était le 12 octobre) pour que ma mère ait ses deux fils réunis autour de cette table.

 

J'avais prévenu - car beaucoup des convives ont déjà fait bombance à cet endroit par le passé - que nous prendrions "un petit lunch". En effet, on a quitté la Basse-Ariège après un petit déjeuner copieux et tardif et nous sommes allés en convoi (trois véhicules) déposer nos bagages directement à notre étape du soir. Il vaut mieux ne pas tenter les indélicats sur les parkings de Carcassonne. Que ce soit à la Cité ou bien sur les berges du canal, la faune locale compte pas mal d'opportunistes prêts à faire main basse sur vos slips et votre brosse à cheveux! C'est la version moderne des bandits de grand chemin, des Miquelets en quelque sorte. 

 

Ensuite, on a sorti la chaise roulante pour conduire ma mère jusqu'au coeur des fortifications. Le chemin est ardu jusqu'à la rue Auguste Pierre Pont et son myocarde de 86 ans n'aime pas les pentes. Baptiste avait fait le reste. Nous avons eu la chance que Georges Gracia, le sommelier historique de "La Barbacane", référence nos vins dès le début, et sur plusieurs cuvées. Lors de mes 55 ans, c'est son brillant apprenti d'alors, Baptiste Ross-Bonneau, petit-fils d'un viticulteur de Pujaut, qui s'occupa de notre table (avec du vin d'Alain Chabanon, slurp) et nous avions sympathisé avec ce jeune homme élégant, réservé mais assertif. La suite fut un enchantement: Baptiste a succédé avec brio à "Monsieur Gracia" et s'est épris de la Loute - le vin, bien sûr. Nous nous voyons souvent et échangeons régulièrement nos impressions par internet interposé. Mercredi dernier, il n'était pas de service mais une jeune oenologue effectuant un stage de sommellerie, Gaëlle, nous prit en charge malgré une arrivée tardive. On expliquera pourquoi dans un autre épisode de ma "birthday saga". C'est un carignan superlatifissime (vous avez deviné) que Baptiste lui avait confié pour nous. Pour simplifier le service, nous avons tous choisi le même menu: oeuf extra frais cuit mollet, potiron et châtaigne, sot l’y laisse gratiné au comté, une crème à la noisette et risotto au cèleri doré, branche, boule et truffes de Bourgogne, poire passe crassane, une sauce légère à la livèche, avant le clafoutis aux raisins blanc de chez Muriel, une gelée de Cartagène, chantilly vanillée . Un "lunch d'affaires" ne veut pas dire se laisser mourir de faim ou bien s'enfiler le KFC local. Service impeccable malgré nos facéties, avec même une bonne dose d'impertinence contenue, yes! Merci à toi, Baptiste, et à tes collègues. 

 

Sur le coup de trois heures, le café était bu et les mignardises avalées et nous sommes arrivés pile-poil à l'embarcadère pour notre mini-croisière sur les traces de Paul Riquet. Votre serviteur a eu un peu de mal pour trouver un emplacement adéquat au minibus et Thierry et Paqui, de l'antenne Civale, nous ont rejoints à point nommé. 

 

Mon deuxième repas d'anniversaire, version "petit en-cas avant de naviguer", fut un succès aussi.

 

 

 

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