ON N'A PAS TOUS LES JOURS TROIS FOIS VINGT ANS

Dans l'écluse de la Douce, avec nos amis à bord du "Gabaret"
Dans l'écluse de la Douce, avec nos amis à bord du "Gabaret"

 

 

 

 

 

 

Tout cela pour ça ....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n'aurais pas fait un bon tour operator, let alone a sweet operator.

 

Chaque année depuis quelque temps, une poignée de mes amis et de mes proches me rejoint pour une paire de journées afin de m'aider à passer le cap de mon anniversaire. Cette fois, soixante oblige:

 

"Nous eussions pu partir à quinze

mais par un coup du sort

nous ne nous vîmes que treize

en arrivant au port."

 

En effet: j'ai émis très tôt l'idée de me faire rejoindre par mon frère Thierry et par sa mère, qui est aussi la mienne, et par Nicole, ma marraine, qui est la cousine germaine de feu mon père. Leurs mères respectives étaient soeurs, et wavriennes. Ce que je ne leur avais pas dit, c'est que je projetais une petite balade sur les flots verdâtres du Canal du Midi. J'adore cela et m'y retrouver avec mes proches m'avait semblé une idée fort jouissive. Mais j'en ai fait une surprise dont le secret fut ma foi assez bien gardé.

 

Le Marc itératif de ce blog, qui avait pu entretemps régler différentes complications dans son existence professionnelle, m'y a rejoint avec Nathalie, sa compagne.

 

Lorsque mon ami Michel, le Limbourgeois d'adoption, avait partagé une table à Jodoigne avec son ami Patrick, Luxembourgeois d'adoption quant à lui, et moi, j'avais appris qu'ils seraient à Barcelone à ce moment-là et nous étions convenus d'essayer de combiner les emplois du temps. Ils se joindraient à nous en interrompant pour quelques jours leur séjour espagnol. 

 

Enfin, le Yves de ce blog, un assidu de Corneilla, tenterait de se libérer également et arriverait plus tard, avec Carla. Celle-ci n'est ni Limbourgeoise ni Luxembougeoise, mais elle parle couramment le tagalop. 

 

Cerise sur le gâteau, nous avions proposé au "petit" frère de Christine (pas le tout petit), Thierry (comme le mien), de nous rejoindre avec sa femme, Paqui alias Françoise.

 

Bon, j'ai fait quasiment aussi long que Tolstoï, cet autre Léon, pour vous présenter les personnages d'un "Gougères et pets" de ma façon. 

 

Et ma mère d'arriver à la gare de Perpignan en provenance de Lille, le dimanche de la semaine précédente, sur le coup de ... minuit! 

 

Je suis allé chercher cinq autres compagnons de voyage à l'aéroport de Carcassonne le mardi et nous attendions la venue de Michel, de Patrick et de leurs compagnes, en droite ligne - si l'on veut car les Pyrénées font diversion - de la capitale catalane. Ce n'est que peu de temps avant l'atterrissage du vol en terre audoise que j'ai su que le groupe de Michel se livrait au même exercice à peu près au même moment, mais plus au sud. Leur véhicule nous retrouverait donc soit à la chambre d'hôtes, soit au restaurant pour le repas du soir, mon premier repas d'anniversaire.

 

Entretemps, nous avons profité pendant deux heures du doux soleil d'octobre qui nuançait d'orange la lumière des terrasses sous les encorbellements de Mirepoix. Lorsque l'astre du jour commença à décliner, nous fîmes route vers Madame Jaumot et sa "Vernoune", un magnifique logis qui devait nous accueillir tous, dans la campagne au nord de Pamiers. Contacté vers 19 heures, Michel nous appris que son équipage serait bien au restaurant vers 20 heures. 

 

Et de fait, je le vis sortir de la voiture de location, ainsi que Michèle, sa femme ... et personne d'autre.

- "Comment, Patrick et Dominique ne t'accompagnent pas ?"

- "Non, je croyais qu'ils avaient directement pris leurs marques avec toi. Ils n'étaient pas à Barcelone non plus!".

Et hop, deux couverts de moins à table.

 

Imaginez le quiproquo: j'ai envoyé au moins cinq ou six mails à tout le monde, détaillant l'horaire de nos activités sans en révéler la substance exacte, et j'ai ensuite pris toutes les réservations nécessaires. Personne n'a réellement rien confirmé, mais personne ne m'a explicitement signifié son absence.

 

Le repas - on en reparlera - fut mémorable.

 

Je saute à présent quelques autres épisodes piquants de mon anthologie du voyage désorganisé, pour vous expliquer que nous avons tous pris place à bord du "Gabaret", une péniche dont nous avons disposé presque pour nous tout seuls. En effet, le temps a subitement tourné à la pluie et il n'y avait pas foule à l'embarcadère. Mon idée avait été à l'origine de privatiser l'excursion, mais notre petit groupe aurait payé fort cher et j'ai finalement renoncé. Nous avons débuté la mini-croisière au port de Carcassonne, face à la gare, de sinistre mémoire pour moi. C'est en effet là que la mère de ma fille devait me rejoindre en juillet 1995, par le train. Elle se présenta avec 20 minutes de retard, les cheveux ébouriffés, comme à la descente d'une décapotable. Et effectivement, elle m'annonçait quelques heures plus tard qu'elle me quittait et s'en allait, je pense dans la même décapotable. Le conducteur-kidnappeur de mon amour devait sans doute attendre plus loin. La blessure est refermée à présent et "Don't think twice, it's all right" comme disent les Prix Nobel.

 

Le pilote mit le cap à l'ouest, passant devant l'épanchoir de Foucaud. Ensuite, avec les premières gouttes de pluie, nous franchîmes la première écluse montante en direction de l'Atlantique: celle de la Douce, construite en 1674 à 109 mètres d'altitude. Une fois franchi son sas, l'embarcation fit demi-tour dans le bief d'amont et nous repartîmes en sens inverse. 

Un rayon de soleil aurait fait du bien mais c'est le coeur tout chaud (quatre autres membres de l'expédition s'étaient joints à nous entretemps) que j'ai mis pied à terre. Un minibus et une petite berline de location, ainsi que le Mercédès rutilante acquise récemment par Thierry (celui de Christine) - son rêve de toujours, il est mécanicien automobile de formation - firent ensuite route vers la Haute Vallée de l'Aude, au-delà de Limoux.

 

Suite au prochain numéro.

 

 

 

 

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Comments: 2
  • #1

    Michel de Lacave (Tuesday, 18 October 2016 17:27)

    J'aime bien aussi me moquer de Léon... Tolstoï: quand on écrit une oeuvre aussi énorme pourquoi donc l'appeler "guère épais"
    Bon anniversaire Luc!

  • #2

    Luc Charlier (Tuesday, 18 October 2016 17:30)

    Merci Michel. Quelle assiduité: aussitôt publié, aussitôt commenté.